Ruralité : les oubliés

59m 29s

En 2018, à l'époque journaliste à La Dépêche du Midi en Aveyron, je me suis intéressée de près à des dossiers sur le territoire comme la crise des hôpitaux de proximité, aux inquiétudes des salariés pour leurs services à l’hôpital de Decazeville (ouest Aveyron) suite à la fermeture de sa maternité en 2017. Mon regard s’est donc porté sur les contraintes engendrées par un fonctionnement des hôpitaux en «Groupement Hospitalier de Territoire », engagé par la Ministre de la Santé en 2016, Marisol Touraine, pour faire face au manque de médecins et à la tarification à l'acte qui ne va pas dans le sens des petits hôpitaux. Le mouvement des cheminots à Capdenac m’a fait découvrir « l’esprit cheminot » très ancré à Capdenac-Gare puisque la ville accueillait dans sa plus belle époque près de 1200 cheminots qui veillaient à la circulation des trains de marchandises et de voyageurs. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une centaine. D'anciens cheminots témoignent sur les conséquences de l’abandon du fret ferroviaire sur les lignes secondaires souvent délaissées au profit des grandes lignes. En interrogeant des élus, habitants, syndicats, associations, j'ai voulu à travers ces témoignages montrer comment des habitants s'unissent face à la baisse des services publics et pour lutter, avec les moyens qui sont les leurs, contre le désenclavement et l'exode des jeunes vers les grandes villes. "Ruralité : les oubliés" vise à mieux comprendre les causes de la désertification des petites villes et villes moyennes et à explorer les solutions trouvées par les habitants eux-mêmes. J’ai pu constater de nombreuses forces vives en Aveyron, qui tentent d’amener un peu de culture et de vie dans certains endroits reculés du département comme l'AJAL, Le Club ou encore le festival Murmurs qui a accueilli en 2019, une vingtaine de graffeurs connus dans le monde entier à Decazeville. J'ai rencontré aussi ceux qui font le choix de s'installer en milieu rural, de cultiver et de vivre à la campagne, là où l’accès à la culture n’est pas le même qu’en ville, mais où des réponses face à l'éloignement émergent. Tourné en majorité dans l'Aveyron et en partie dans le Cantal, ce documentaire est une ode à la campagne, aux villes moyennes et à ses habitants qui se battent pour que leur territoire revive, aux paysans, et à ceux qui s'unissent pour monter des projets et qui ont la force de croire en leur territoire. Dans ce documentaire de 59 minutes intitulé "Ruralité : les oubliés », tourné avec mes petits moyens en 2018 et 2019, j’ai réuni les témoignages de personnes croisées suite à des reportages à Decazeville, Capdenac, Villefranche-de-Rouergue et Rodez pour mieux comprendre leurs attentes sur ce territoire qui constitue un vrai laboratoire d'idées. La culture, les transports, la santé, l'agriculture, sont autant de thèmes qui permettent de mieux comprendre le sentiment d'enclavement ressenti parfois. Une ruralité qui se refuse d'être aujourd'hui "les oubliés" du gouvernement. Voir moins

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